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Bol d'Or - Lac Léman 2007
M’étant proposé par l’intermédiaire d’un ami qui habite au bord du lac pour participer à cette course mythique si l’occasion se présentait, cette invitation est arrivée brutalement, ne me laissant que le temps de boucler mon sac, prendre ma voiture et me rendre à Genève vendredi 15 juin !
On me propose de faire le sixième pour compléter l’équipage de Nénuphar, un First Class 10 bien modifié avec un mat de 17m, des spis et génois en tête en plus des voiles 7/8. De quoi avancer quand le vent se fait désirer et se faire peur quand il devient généreux...
Encore du petit temps cette année, mais c’est une lapalissade, quoique certaines années des grands coups de joran, de bise ou d’autres vents locaux animent cette régate qui se pratique sur le Lac Leman depuis 70 ans environ.
J’initie l’équipage aux mystères de La Bouée Jaune et les incorpore aussi sec dans l’association, dont le skipper Jean-Claude, endosse l’uniforme immédiatement.
Ainsi Attila est un peu sur le lac lui aussi.
Le départ des 500 et quelque bateaux ensemble est impressionnant mais il paraît que ça se passe toujours bien (et à l’heure !). Un peu englué dans les dévents d’autant plus gênants que le vent est franchement portant, il faut trouver une solution, nous courrons donc un bord anticonformiste qui devient très vite payant, le nombre de spis derrière nous en témoigne !
Le vent se renforce vite et nous défilons bientôt devant Thonon à 9 nœuds en moyenne, spi en tête de 225 m2 à l’ouvrage. Le bateau a plutôt tendance à plonger du nez dans les surventes qu’à planer et le skipper se démène efficacement à la barre pour ne pas partir au tapis. L’explosion du bras babord conjointement au démâtage d’un Toucan pas loin derrière nous calme un peu, juste le temps de réparer le bras et c’est reparti. Le vent décide de partir en vacances après avoir doublé Evian, il change doucement de direction et nous voilà à tirer des bords pour approcher du Bouveret, seule marque de parcours au bout du lac. Nous nous battons dans les petits airs avec des bateaux très disparates, des derniers multicoques aux 18 pieds trapézistes en passant par les innombrables Luthi, voiliers locaux très spécialisés. Nous avons plutôt l’avantage, mais le passage à la bouée du Bouveret va nous laisser complètement scotchés, ce qui va servir nombre de nos concurrents qui vont en profiter pour s’échapper sur une route légèrement différente. Le skipper garde son calme et les choses s’inverseront au coucher du soleil quand c’est nous qui nous échapperons sur une route différente de ces concurrents scotchés à leur tour !
22 h, la nuit tombe et les feux d’artifice se déchaînent. Après le dîner le skipper décide de se coucher, le vent extrêmement faible laisse augurer une arrivée dans la matinée de dimanche et il préfère reprendre des forces, il n’a pas lâché la barre depuis le départ à 9h...Jean Bernard de Dompierre et moi nous nous relayons à la barre et nous nous amusons franchement quand nous rattrapons et doublons des ombres de bateaux dans l’obscurité. Pas de lune bien sûr. En approchant de Genève, nous doublons de plus en plus de bateaux, le louvoyage sous grand gênois volant mylar en tête est très efficace, nous allons chercher les risées là où elles sont et je dois dire que la connaissance des lieux est irremplaçable. Je suis finalement rivé à mon tour à la barre, Genève se précise, la bouée d’arrivée clignote, mes yeux aussi qui n’en peuvent plus, et la dernière approche est tendue, j’aurais dû prendre mes lunettes pour mieux la voir cette sacrée marque qui danse devant mes yeux, nous doublons le 18 pieds devant nous, encore un bateau, puis un autre, bon dieu, ce ne sont pas des moindres, nous devons être pas mal placés finalement. Calme plat sur les dernières longueurs (nous sommes en centre ville et c’est franchement déventé), mais nous finissons par passer l’arrivée après 18 h 23 minutes de course ! Il est 3 h du matin, puis 4, le temps de ranger le bateau...ce qui ne nous empêche pas de fêter notre arrivée au 52eme rang en temps réel de toute la flotte et 16 e monocoque arrivé devant une bonne bière au yacht club, nous la savourons d’autant plus que nous apprenons sur les écrans de classement que nous sommes 2e temps compensé des L1, la plus grande classe des monocoques !
Bravo à tout l’équipage suisse mais aussi 1 savoyard, 1 espagnol et un marseillais, pour cette expérience fabuleuse et inoubliable.
 

GENERAL BOL D’OR 2007

La course multicoques verra la victoire de Loïc Peron sur le trimaran Okalys, devant Alinghi barré par la sœur d’Ernesto Bertarelli, lui même très occupé à Valence, avec pour eux une arrivée de jour bien sûr, mais loin du fabuleux record de Triga (à près de 20 nœuds de moyenne en 1994).
En monocoques, la luge “Syz and Co” va couper la ligne premier en temps réel mais ne gagnera pas le trophée, gagné par un Luthi 33 qui nous devancera au compensé général
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